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Avant-projet de loi sur l'Université: une consultation tronquée

Cet avant-projet de loi a le mérite de reposer les bases d’une Université moderne, même si les Verts regrettent qu’il privilégie l’autonomie financière à la liberté académique. Ce faisant, il s’inscrit dans le processus de libéralisation des universités et il porte ainsi en lui le risque, non négligeable, d’une privatisation à terme de la production du savoir académique. Il laisse de plus l’autonomie à une institution qui a démontré dans un passé très récent son incapacité à se réformer elle-même et de graves lacunes en termes de gestion.

En renforçant l’autonomie de l’Université, le projet donne peut-être la marge de manoeuvre dont l’Université a aujourd’hui besoin pour assurer son développement, il restreint néanmoins d’une manière drastique le contrôle démocratique sur une institution qui est essentiellement financée par les citoyens et ceci est très problématique. Il remet en effet un chèque en blanc au Rectorat – que le projet veut renforcer – sans s’assurer de son contrôle démocratique, ni par les politiques, ni par les organes internes, notamment l’Assemblée, dont on peut douter qu’elle soit réellement capable de promouvoir et contrôler démocratiquement le développement de notre Université.

Les Verts ne sont opposés ni au principe de l’autonomie ni au principe d’un Rectorat fort, mais celui-ci, doit pouvoir trouver en face de lui une Assemblée de l’Université vraiment participative et dotée d’une représentation réelle, qui fonctionne comme un législatif, par rapport à un exécutif.

L’impasse d’une véritable consultation démocratique

Les Verts ont apprécié le fait que le Conseil d’Etat propose une large consultation autour de cet avant-projet. Ils sont par contre déçus de constater que le rythme imposé à cette consultation la vide de son intention et de son contenu.

En effet, l’organisation de la consultation sur l’avant-projet de loi sur l’Université ne respecte pas les conditions minimales d’une concertation effective, alors qu’il s’agit de réformer radicalement une institution qui compte plusieurs milliers de collaboratrices et collaborateurs et plus de 15'000 étudiant-e-s.

Les Verts attendaient de la consultation qu’elle mette en oeuvre les principes participatifs qu’on nous dit être au coeur de la nouvelle loi.

La mobilisation de toute l’institution est en effet nécessaire à la mise en oeuvre durable d’une véritable réforme de l’Université. Cela ne semble pas avoir été l’option proposée par le Conseil d’Etat, encore moins celle choisie par le Rectorat. Qui sait à l’université que son avis est autorisé et attendu par la hiérarchie académique et les politiques ? Cette consultation en catimini et dans un délai rendant toute concertation illusoire n’est qu’un faux semblant. Les Verts ne peuvent y souscrire.

Pour plus de renseignements:

  • Catherine Baud, vice-présidente des Verts genevois et députée, 079 434 90 19
  • Jean Rossiaud, député, 079 257 29 22
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