Les cinq commissions thématiques de la Constituante genevoise s’apprêtent, fin juin, à achever leurs travaux. C’est le moment de faire le point avant l’été et la reprise des séances plénières en septembre.
Le groupe des Verts et Associatifs (dix élus à la Constituante), convaincu de la nécessité d’une nouvelle Constitution pour Genève, constate avec inquiétude que la majorité de droite à la Constituante refuse globalement tout compromis. Bien que les constituants de droite connaissent depuis février les exigences centrales des groupes de gauche, aucun interlocuteur n’est encore sorti du bois pour entamer avec eux une négociation sur les points essentiels, seule façon de faire avancer et de sauver le processus constitutionnel. Le second round des travaux en commission, entre février et juin 2011, aurait dû en fournir l’occasion, mais elle a été gâchée.
Plus consternant encore, la droite n’a cessé de durcir ses positions le regard constamment tourné vers le passé. Le thème de l’énergie est à cet égard emblématique. Après Fukushima et face au défi énergétique que doit impérativement relever le canton de Genève, la droite persiste à parier sur le nucléaire, écartant toute politique d’avenir pour le canton fondée sur les économies d’énergie et sur la promotion des énergies renouvelables. Le groupe des Verts et Associatifs a fait nombre de propositions d’amendement concernant l’actuel article 160E de la Constitution afin de l’adapter aux réalités du XXIe siècle et de préparer au mieux les décennies à venir. La majorité de droite a systématiquement refusé d’entrer en matière.
Même attitude négative, voire provocatrice de cette même majorité dans d’autres domaines : remise en cause radicale du droit au logement et de ses garanties, attaque frontale contre le monopole en matière énergétique, proposition extrême concernant le nombre de signatures pour les initiatives et les référendums…
Le groupe des Verts et Associatifs a constamment manifesté son ouverture et sa disponibilité pour dégager des positions communes. Jusqu’ici en vain. Mais, s’il est prêt à négocier des compromis pour que Genève se dote d’une Constitution susceptible de convaincre une large majorité populaire, il refusera toute compromission, ainsi que tout recul par rapport à l’actuelle Constitution.
Avant l’été, nous sifflons la fin de la récréation. La majorité de droite, transformée en bloc du silence, est en vacance(s) depuis trop longtemps.


