|
Genève, le 14 janvier 2009
Communiqué de presse
|
Face aux changements climatiques et à la hausse inéluctable des prix de toutes les énergies, un très large consensus existe désormais en Suisse et à Genève sur la nécessité de réduire notre consommation d'énergie et de développer les énergies alternatives.
Les avis divergent cependant dès qu'on aborde les mesures à prendre. Les uns continuent de croire aux vertus de mesures incitatives, alors même que celles-ci ont fait, et continuent de faire, la preuve de leur inefficacité (notre consommation globale d'énergie augmente inexorablement année après année). D'autres demandent des mesures plus contraignantes et de meilleurs moyens de contrôle pour la bonne application de ces normes et soulèvent la résistance des adeptes du libre marché.
Quoi qu'il en soit, les objectifs de la conception générale cantonale de l'énergie 2001-2005 n'ont de loin pas été atteints.
Or, on sait fort bien que des économies sont possibles et qu'elles sont également rentables : «produire des Négawatts coûte bien moins cher que produire des Mégawatts». Alors pourquoi donc ces économies, pourtant rentables, ne se réalisent-elles pas?
Les raisons sont multiples mais on peut citer en vrac : un manque d'information, de connaissances techniques et de capital pour financer les investissements nécessaires ou plus simplement que d'autres priorités prennent le dessus.
Pourtant, à Genève, un acteur majeur, compétent et ayant une parfaite connaissance du marché et des possibilités d'économie est tout désigné pour conseiller et réaliser de substantielles économies : Les Services Industriels de Genève (SIG). Le problème est que les SIG sont également des vendeurs d'énergie, alors : Comment motiver un vendeur à vendre moins? Ou comment motiver les SIG à vendre moins d'électricité alors même que leur métier est précisément de vendre du courant et que leur bénéfice en dépend?
La solution : LE DECOUPLAGE
L'objectif de ce découplage est de faire converger l'intérêt économique des SIG et de ses actionnaires avec une politique de réduction ambitieuse de la consommation de courant dans le canton et donc de mettre en place un « découplage » entre les ventes et les bénéfices de l'entreprise de distribution électrique.
Le principe est le suivant : une autorité de régulation fixe périodiquement un chiffre d'affaires qui couvre les coûts de production et assure un bénéfice aux entreprises électriques. Si elles vendent plus, elles rétrocèdent le bénéfice aux consommateurs. Si elles vendent moins, elles augmentent le prix du kilowattheure. Ainsi chiffre d'affaires et bénéfices sont maintenus aux niveaux prévus. Le fait de réaliser le même bénéfice en vendant moins les incite à investir là où l'électricité est la moins chère c'est-à-dire dans les économies d'électricité, solution plus intéressante que la construction d'une nouvelle centrale. Solution utopique?
La Californie est la preuve du contraire puisqu'elle a introduit le système du découplage, avec succès, dès 1982 et ainsi substitué des économies à une consommation électrique de 5 Gigawatts, soit l'équivalent de 5 centrales nucléaires. Avec ce système, la Californie a pu stabiliser sa consommation électrique par habitant qui est aujourd'hui de 40% en dessous de la moyenne nationale.
Il est évident que la solution californienne ne peut pas être transposée telle quelle à Genève. Néanmoins, l'idée du découplage dans un marché de l'électricité libéralisé est très séduisante et l'exemple californien montre qu'elle peut être transposée avec succès également à Genève.
Le député Vert Hugo Zbinden a donc déposé récemment une motion qui demande au Conseil d'Etat d'étudier l'introduction à Genève d'un système dit «de découplage», qui rémunère les entreprises électriques indépendamment de la quantité d'énergie vendue.
Pour plus de renseignements :
Hugo Zbinden, député Vert, 076 200 94 54


