
Les VERTS dénoncent le plan de mesures cantonal
et proposent de s'attaquer au long terme
Les Verts ont convié hier après-midi les médias à respirer des particules fines (PM10) sur le boulevard du Pont-d'Arve, «l'une des voies les plus polluées de la ville». De leur côté, les élus écologistes s'étaient munis de masques de protection. Une mise en scène destinée, au moment où cette pollution spécifique atteint des pics depuis plusieurs jours, à «tirer la sonnette d'alarme».
Plan de mesures insuffisant
«Le plan de mesures du Conseil d' Etat est insuffisant, affirme le président des Verts genevois et conseiller national Antonio Hodgers. Et contradictoire: on recommande aux gens les plus fragiles, les enfants et les personnes âgées de cesser toute activité, voire de s'enfermer chez elles pour protéger leur système respiratoire des agressions au PM10, tout cela pour laisser les autos circuler et polluer. Le droit à se déplacer en voiture ne peut plus primer sur le droit à la santé pour tous.»
Car, à Genève plus qu'ailleurs, la circulation routière est responsable pour près de 75% de cette pollution. «La France qui nous entoure a réagi en abaissant la vitesse de 20 km/h, rappelle Sylvia Leuenberger, députée. Ce n'est peut-être pas très efficace, mais ça fait réfléchir. C'est pédagogique. Il faut changer les habitudes des gens, opter pour la mobilité douce, le covoiturage, développer les zones à 30 km/h.» Interdire les voitures les plus polluantes, exiger les filtres à particules, développer l'usage du macaron progressif, soutenir la taxe CO2, telles sont d'autres pistes citées par Antonio Hodgers.
Un règlement plus ferme, des normes d'alerte basses et une prise de conscience plus importante de la population. «Il est urgent de prendre des mesures à long terme», soutient Michèle Künzler qui annonce une intervention au Grand Conseil. «Il faut traiter cette question cette année encore, avant celle de la baisse des impôts.»
Mercredi, les concentrations de PM10 affichaient toujours des valeurs nécessitant de prévenir la population. Elles n'avaient pas atteint le seuil d'alerte, déclenché selon un plan coordonné entre les cantons romands.
Laurence Naef, Tribune de Genève


