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mardi, 08 janvier 2013 00:00

Vie nocturne : des médiateurs au service de la convivialité

Chères Vertes et chers Verts,

Depuis une dizaine d’années, la vie nocturne à Genève s’est beaucoup développée. Des personnes plus nombreuses qu’auparavant – notamment des jeunes toujours plus jeunes - se retrouvent de plus en plus souvent et toujours plus tard dans la nuit, dans des lieux publics ; et notamment, suite à l’interdiction de fumer dans les lieux publics fermés, dans la rue, à la porte des cafés et des restaurants. Mais ce sont aussi lors des regroupements, organisés ou non, que de plus en plus de jeunes occupent l’espace public avec à la clé une consommation importante de boissons alcoolisées.

Que Genève devienne une ville où l’on aime sortir et se retrouver entre amis, partager sa soirée avec des inconnus ou faire la fête, on ne peut que s’en réjouir. Et d’ailleurs, nous les Verts n’y sommes pas pour rien, car nous avons toujours stimulé les occasions d’occuper de manière récréative et ludique les espaces publics.

Une motion du Conseil municipal renvoyée au Conseil administratif en novembre 2010, considérait que Genève devenait petit à petit une ville morte la nuit, au profit d'autres villes romandes, comme Lausanne, qui ont su maintenir le caractère festif et convivial de leurs lieux de vie nocturne. Ce n’est plus le cas.

Mais la liberté de sortir et de faire la fête des uns ne s’accorde pas toujours harmonieusement avec le droit des autres à la tranquillité et au repos. C’est le moins qu’on puisse dire. De plus, les noctambules occupant les trottoirs, le petit trafic de drogue s’installe de manière permanente dans certaines rues, qui connaissent un accroissement des incivilités et des délits, et cela participe du sentiment d’insécurité dans les quartiers.

Et aujourd’hui, les frictions sont de plus en plus fréquentes et un nombre croissant de la population exprime son « ras-le-bol ». Il n’y a qu’à voir le nombre de pétitions qui sont arrivées sur le bureau du Conseil municipal ces derniers mois, et qui concernent le « bruit nocturne » : place des Volontaires, Préau des Allobroges (ou d’autres préaux ou parcs publics), aux Pâquis, aux Acacias ou en Vieille Ville.

Il est vrai que de nombreux lieux festifs ouverts notamment par des associations dans les années 90 ont été fermés ou ont disparu dans les années 2000 : pensons par exemple (comme le rappelait la même motion) à l'ancien palais des expositions au quai Ernest-Ansermet, où il était possible de louer trois étages entièrement équipés pour 2000 francs (y compris une semaine de préparation des décors), à l'ancienne salle du parvis d'Uni Mail (appelée «Nouveau Palais»), qui avait été créée à cet effet et qui depuis n'est plus utilisée pour accueillir des soirées, à «Artamis», à la villa située au 6 route du Bout-du-Monde, à Champel, qui avait hébergé le BDM (boutdumonde) et le Nomades ou encore au Pont-Rouge. Tous ces lieux avaient réussi à se faire une place dans la vie nocturne genevoise et étaient utilisés par certaines associations pour y organiser des fêtes, concerts et autres événements.

Il est vrai que d’autres lieux se sont développés ou ont été créés depuis, par exemple le Moa Club, le Weetamix, Sicli ou la Gravière, mais ils ne répondent pas, loin s’en faut, à une demande qui semble toujours croissante. Ainsi, des jeunes qui auraient l'envie de créer et d'organiser de vraies soirées sont aujourd'hui complètement dissuadés de le faire par le manque d'infrastructures existantes et adaptées aux nouvelles habitudes (c’est-à-dire pouvant ouvrir jusqu’à 5 heures du matin), et soucieuses d’un partage convivial de l’espace public.

J’estime que le Conseil administratif devrait en faire – comme le lui demande le CM – une priorité. Mais « priorité » n’est pas « urgence ». L’urgence, aujourd’hui, est de répondre de manière proactive et positive au malaise créé par cette nouvelle situation qui met à mal la cohésion sociale dans les quartiers les plus animés de la ville.

L’une des réponses immédiates que j’ai mise en œuvre récemment est un projet pilote avec l’engagement de médiateurs de nuit (appelés aussi « correspondants de nuit ») aux Allobroges et dans la Vieille Ville, dans le même esprit que ce qui a été mis en place à Vernier, à Carouge ou à Annemasse, mais également dans les cantons de Vaud, de Berne ou de Zurich).

J’ai demandé au Service de la jeunesse, qui pratique déjà le travail social hors murs, de mettre en œuvre une démarche conjointe et concertée avec les principaux départements concernés et avec les associations de quartiers.

Bien visibles et repérables, « chuchoteurs » ou « grands frères », alliant – comme ils l’ont appris – fermeté et courtoisie, les médiateurs de nuit travaillent pour la promotion de la convivialité de tous dans l’espace public, et dans la prévention des incivilités, dont la pollution par le bruit n’est pas la moindre. Pour le reste… la police fait son travail.

Convivialement vôtre

Esther Alder

Conseillère administrative Ville de Genève

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