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mardi, 02 mai 2017 13:51

Budget 2017 de la Ville de Genève - Quelle vision politique pour la droite élargie ?

Chères Vertes, Chers Verts,

Après les cafouillages à répétition de fin d’année, il aura fallu plus de 20 heures de débat au Conseil municipal pour voter un budget 2017 légèrement plus excédentaire que celui amendé par le Conseil administratif. Entre les économies fournies à l’automne 2016 pour faire face aux mauvaises prévisions fiscales, ainsi que les coupes opérées par la droite élargie durant le débat budgétaire, mon Département de la cohésion sociale et de la solidarité se voit amputé de près d’1 million de francs.

C’est un processus très pénible qui nous a menés jusqu’ici. Le fonctionnement même du débat budgétaire en Ville de Genève en est en partie responsable. Sa lenteur est en effet inversement proportionnelle aux sommes en jeu aux échelons cantonal et fédéral (1,150 milliard contre plus de 8 et plus de 60 milliards…).

La responsabilité d’un budget chahuté dès son approbation incombe également au PLR et au PDC, qui ont fait bloc avec la droite extrême pour imposer leur diktat, souvent au mépris même de leur programme politique.

Prenons la solidarité internationale. Début avril, le Conseil municipal votait une motion pour que 0,7% du budget de la Ville soit octroyé à la solidarité internationale. Ce vote n’a pas empêché la droite élargie de détourner 10% du budget affecté à cette même solidarité internationale pour les transformer en un programme d’aide au retour. Parallèlement, cette frange du Conseil municipal amputait l’augmentation voulue par le Conseil administratif pour atteindre le 0,7%.

Autre exemple de l’incohérence et du manque de clairvoyance des groupes PDC, PLR, MCG et UDC : ils dotent l’association de défense des chômeurs de 60'000.- supplémentaires, mais suppriment le Fonds Chômage.

Ou bien encore, ces groupes amputent l’allocation rentrée scolaire (ARS) de 90'600.-, alors que le projet de budget revoyait déjà à la baisse cette ligne, tenant compte au millier de francs près des fluctuations des années passées. Le résultat de cette coupe se traduira par un crédit budgétaire supplémentaire que je demanderai au Conseil municipal, vu que les ayants-droit de l’ARS ne peuvent pas être privés de leur dû.

En modifiant le règlement d’attribution de cette prestation pour l’attribuer désormais « sous forme de bon uniquement valable dans les commerces genevois (en ville de Genève) », la droite élargie se fait le chantre des petits commerçants qui font face à la concurrence déloyale des dépanneurs ouverts 24h sur 24h, ou encore du commerce en ligne. Mais ce n’est pas en rabotant une simple ligne budgétaire, relativement faiblement dotée (540'000.- pour 2'600 familles et 3'800 enfants) qu’on fait une politique. Hormis nuire à une prestation jusque-là délivrée de manière efficace et dont la nécessité a été prouvée, les agissements de la majorité du Conseil municipal sont difficilement compréhensibles.

Je nuancerai ce sombre tableau en relevant que le travail fourni par l’Association pour les droits humains (APDH) a finalement été reconnu. En effet, en voulant pérenniser cette ligne budgétaire, nous avons attiré le regard longtemps malveillant de la droite élargie sur les prestations de l’APDH en termes d’insertion sociale des jeunes et des familles précarisées issues de la migration. Nous ne faisions pourtant que répondre aux recommandations de la Cour des comptes qui demande à ce que les subventions ponctuelles qui se répètent d’année en année deviennent nominatives !

Je tiens également à remercier les Conseillères municipales et les Conseillers municipaux qui ont préservé le poste menacé à la direction du Service social, alors que Genève connaît un accroissement des inégalités et que les besoins vont augmenter de manière constante dans ce domaine.

Malgré cela, la droite élargie ne ressort pas grandie de ce processus budgétaire, ni du précédent. Elle visait en effet fin 2015 à augmenter le boni dégagé par le Conseil administratif afin d’obtenir un surplus de 15 millions. Elle révélait alors qu’à travers ces coupes, et les prochaines à venir, elle visait à faire face au manque à gagner de la troisième réforme de l’imposition des entreprises, que le peuple a depuis sèchement refusé dans les urnes.

Enfin, elle se veut garante de l’orthodoxie budgétaire, mais va à l’encontre de tous les principes de management public en coupant là où les services font des efforts pour ne pas dépenser l’entier de l’enveloppe à leur disposition pour mettre en œuvre les politiques publiques. Nous, Verts, appliquons depuis toujours une politique anticyclique, investissant et tentant de soutenir au mieux le tissu économique local quand les indicateurs sont moroses ; à rebours du bon sens, la droite et l’extrême-droite s’arc-boutent sur des principes de rigueur budgétaire et de réduction de la dette. Ce sont pourtant des institutions comme le FMI qui les appellent à revoir le jugement, en leur suggérant de Relancer l’économie grâce aux dépenses publiques, mais rien ne semble vouloir les faire changer de cap.

Nous sommes bientôt à la moitié de cette législature. En votant pour le PDC et le PLR, je ne suis pas persuadée que leurs électeurs et leurs électrices s’attendaient à ce que ces deux partis face front avec l’extrême-droite pour imposer leur vue. Cette majorité de circonstance risque bien de perdre son avantage numérique dès les prochaines élections de 2020.

Solidairement vôtre,

Esther Alder

Les actualités de mon Département et les miennes sur ma page facebook (www.facebook.com/estheralder-solidaire)

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