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mardi, 12 mai 2020 13:42

L'heure du bilan

Chères Vertes, Chers Verts,

Après neuf ans passés à la tête du Département de la cohésion sociale et de la solidarité, c’est au cœur d’une crise sanitaire sans précédent que je vais quitter mes fonctions. J’en dirai quelques mots plus loin dans ce bilan, après avoir retracé quelques réalisations marquantes de mes deux mandats à l’Exécutif de la Ville de Genève.

Ce préambule me permet également de vous remercier toutes et tous, en particulier les président.e.s qui se sont succédé.e.s à la tête de la section, les chef.fe.s de groupe, les secrétaires politiques, mes collaboratrices et collaborateurs personnel.le.s, mais aussi tou.te.s les personnes membres des comités, caucus et des Vert.e.s – Ville de Genève, sans qui rien n’aurait été possible.

 En 2011, j’entamais une première législature avec cinq priorités claires. Certaines d’entre elles ont été réalisées au-delà de mes espérances. D’autres restent d’actualité et sont en voie de réalisation.

  1. Soutien à la parentalité

Une de mes principales priorités était d’étendre et de renforcer l’accueil préscolaire et parascolaire. L’objectif étant de permettre aux parents de mieux concilier vie privée et vie professionnelle et aux femmes de conserver leur emploi. Pour les enfants de milieux socio-économiques différents, il s’agit d’offrir une égale opportunité d’accès à l’éveil aux langues, aux arts et à la culture.

Mission accomplie, avec plus de 1’000 nouvelles places ouvertes dans les structures d’accueil de la petite enfance depuis 2011, soit une augmentation de 33% ! Aujourd’hui, plus de 4000 places de crèches sont exploitées en Ville pour un taux de couverture de 83%.

Je salue l’unanimité du Conseil administratif pour soutenir cette politique. Le débat sur la gouvernance est aujourd’hui lancé. Une fondation de droit public est réclamée par une partie du Conseil municipal, tandis qu’une municipalisation complète pourrait suivre. Pour ma part, j’ai dû me concentrer sur l’ouverture de nouvelles places et faire face à d’autres enjeux au cours de mes deux législatures. Ce sera aux nouveaux.elles élu.e.s de faire avancer le débat, tout en faisant attention à ne pas diminuer la quantité de places disponibles et la qualité de la prise en charge, reconnue loin à la ronde.

Au niveau des écoles, la loi sur l’accueil à journée continue établit l’obligation pour les communes d’accueillir tous les enfants à la pause de midi et d’assurer leur prise en charge durant le temps parascolaire de 16h à 18h, dans des locaux adéquats.

Là aussi il y va d’une meilleure conciliation entre vie privée et vie professionnelle des parents. Cependant, à l’heure de l’augmentation des effectifs scolaires, et surtout parascolaires, c’est une gageure de trouver des solutions année après année. Nous y sommes parvenus ! En 2011, un peu plus de 4000 élèves fréquentaient les restaurants scolaires. Aujourd’hui, ils sont plus de 6000 !

Les années à venir s’annoncent néanmoins délicates ; j’en veux pour preuve la pose de pavillons provisoires supplémentaires à Le Corbusier. A l’avenir, il faudra être créatif et innovant pour rationaliser encore mieux les espaces dévolus à telle ou telle activité.

Le soutien à la parentalité s’est aussi concrétisé par la création d’une Allocation de rentrée scolaire en 2013 d’un montant de 130 francs pour les enfants fréquentant l’école primaire et de 180 francs pour les élèves du cycle d’orientation. Je suis aussi heureuse d’avoir pu mettre en place une prestation de coaching familial, certes aujourd’hui menacée par des questions de compétence et de manque de moyens.

La politique de la jeunesse a suivi un beau développement tout au long de ces neuf dernières années. Récemment, une prise de conscience semble s’être opérée du côté des élu.e.s quant à l’importance d’encadrer au mieux celles et ceux qui seront aux commandes du monde de demain. Un poste supplémentaire de TSHM a été pérennisé du côté des Charmilles, tandis que 13 Engagements pour la jeunesse ont été avalisés par et pour les jeunes, dans le but de définir une politique publique ambitieuse. Du côté des Maisons de quartier, de nouvelles ouvertures significatives vont voir le jour dans peu de temps (Ancien Manège & Menut-Pellet) tandis que les centres aérés d’été ont vu une manne financière supplémentaire leur être attribuée pour développer leur offre.

Il me revenait également de développer la culture et les sports de proximité. Des activités que j’ai adoré promouvoir, à l’instar des événements Primart, pour mettre en évidence les jeunes talents artistiques dans les quartiers, ou encore des Proxisports et autres workourt, ces installations de fitness en plein-air qui font aujourd’hui l’unanimité auprès de toutes les générations. Les deux éditions de Parkour et l’événement Jibtown ont aussi été très appréciés.

  1. Logements-relais / Hébergement d’urgence

Ma deuxième priorité était de créer des logements-relais et de renforcer les moyens de la lutte contre l’exclusion. 19 logements-relais ont été installés l’an dernier derrière la gare de Cornavin, en bas de la rue du Fort-Barreau. Ces studios mobiles permettent à une population précarisée d’échapper à la rue. Mieux : au cours de l’année écoulée, plusieurs personnes sont sorties de ce dispositif pour réintégrer le marché normal du logement ! La motivation des ayants droit ainsi que l’accompagnement proposé par les employé.e.s du Service social ont permis cette réussite.

Cette première réalisation a mis de nombreuses années à voir le jour. Il s’agit maintenant d’accélérer la cadence. Le Conseil municipal ne s’y est pas trompé, lui qui vient de voter une motion allant dans ce sens à l’unanimité.

Depuis 2011, les progrès accomplis dans le domaine de l’hébergement d’urgence ont été considérables. Tout d’abord, le financement de l’ouverture d’un deuxième abri PC durant la saison hivernale a été pérennisé en 2012. Ensuite, un hébergement pour les familles a ouvert durant trois saisons consécutives, avant de devenir un accueil à l’année en 2019 géré efficacement par l’association Païdos, montant par la même occasion hors sous-sol. Les personnes sans-abri les plus vulnérables bénéficient également d’un accueil à l’année depuis 2019.

Le foyer Frank-Thomas, qui compte 130 places, a ouvert précocement ses portes à cause de la crise sanitaire. Il offre désormais un hébergement en surface aux grands précaires qui se trouvaient dans l’abri PC de Richemont et aux hommes seuls qui occupaient l’abri des Vollandes. Soutenues par la Ville, les associations oeuvrant dans le domaine de la précarité ont ouvert des sleep-in, qui ont complété le dispositif d’hébergement d’urgence. Le public fréquentant ces structures a été déplacé à la caserne des Vernets en attendant la fin de la crise sanitaire.

L’objectif que le Conseil administratif s’était fixé en 2015, à savoir « Zéro sans-abri », est aujourd’hui atteint !

Au cours de mes deux législatures, j’ai constamment demandé aux autres communes et au canton de soutenir financièrement la politique d’hébergement d’urgence. Un projet de loi cantonal visant à répartir les compétences en matière d’urgence sociale est actuellement en consultation auprès des communes. Je continuerai toujours à défendre un hébergement à l’année, d’une capacité suffisante, géré en partenariat avec le monde associatif.

  1. Accessibilité des prestations

Le non-recours aux prestations étant une vraie source d’inquiétude, ma troisième priorité consistait à améliorer l’accessibilité de ces dernières. C’est ainsi que j’ai inauguré quatre Points Info entre 2013 et 2015, dans les quartiers des Pâquis, de Plainpalais, de la Servette et des Eaux-Vives. Lieux d’écoute et d’orientation, ces Points Info remplissent le rôle de guichets uniques pour délivrer toute information utile au public et soutenir les personnes dans leurs démarches administratives. L’accessibilité des prestations au public a aussi été améliorée avec la création d’une antenne de l’état civil à la Maternité.

  1. Renforcement du soutien aux aînés

Les courbes démographiques nous montrent depuis plusieurs années que le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus va fortement augmenter ces prochaines années. Nous sommes entrés dans une société de longévité qu’il s’agit de construire avec et pour les aînés. Ma quatrième priorité était donc de lancer une politique transversale de la vieillesse axée sur la promotion du bien-vieillir en ville. Ce fut chose faite en 2015. Pendant ces deux législatures, la politique de la vieillesse s’est focalisée principalement sur la lutte contre l’isolement des personnes âgées et la promotion de leur participation à la vie de la Cité.

  1. Création de l’Unité vie associative

Dans un monde qui devient de plus en plus complexe, une action complémentaire et coordonnée des pouvoirs publics et des associations est nécessaire pour répondre aux besoins de la population. En 2012, j’ai mis en place l’Unité vie associative (UVA) afin de consolider le partenariat entre le Département de la cohésion sociale et de la solidarité et les organismes à but non lucratif. L’UVA a permis non seulement de centraliser et de simplifier les processus de subventionnement, mais aussi d’accompagner les associations dans leurs démarches administratives. Elle leur a également donné la possibilité de mieux former leurs permanents et bénévoles au management de projets.

*****

Bien entendu, d’autres défis se sont ajoutés à la mise en œuvre de ces cinq priorités. L’un d’entre eux a été de repenser l’action sociale. Fin 2013, l’existence des Unités d’action communautaire (UAC) étaient remises en question par le Conseil municipal. Cette crise m’a amenée à demander un audit à l’IDHEAP et à redéployer le dispositif social sous la forme d’une Politique sociale de proximité. L’action de terrain de mes équipes n’a plus jamais été remise en cause. Déployé.e.s autour de quatre Antennes sociales de proximité dans les quartiers, les collaboratrices et les collaborateurs mettent à disposition des habitant.e.s les Espaces de quartier et les Points info. Dans les premiers sont organisés des activités à l’année, tandis que des salles peuvent également être louées.

La crise sanitaire a été l’occasion de démontrer à quel point les activités du Département de la cohésion sociale et de la solidarité sont nécessaires. Malgré la richesse de notre ville, une partie de sa population de Genève vit dans une très grande précarité. A cet égard, l’organisation de la distribution de sacs de produits alimentaires et d’hygiène à la patinoire des Vernets le samedi 2 mai a été révélatrice, au point de choquer de nombreuses et nombreux Genevois, mais aussi la Suisse et le monde.

Des solutions à cette crise alimentaire passent par une base légale au niveau cantonal, l’éventuelle régularisation (même transitoire) des personnes pour qu’elles aient accès aux prestations financières, la collaboration des communes ou encore à la création d’un revenu de base universel. Un toit doit être assuré pour toutes les personnes, leur sécurité financière doit être prise en charge et des soins prodigués. Raison pour laquelle les pouvoirs publics doivent s’engager beaucoup plus fermement, en partenariat avec les institutions privées et le monde associatif.

J’en profite pour remercier tou.te.s les employé.e.s de la Ville de Genève qui se sont mobilisé.e.s pour assurer la pérennité des prestations délivrées aux citoyn.ne.s et  la continuité des activités essentielles de l’administration.

*****

Après neuf ans passés à l’exécutif de la Ville, je suis convaincue que Genève est devenue une ville plus sociale et solidaire. Toutefois, la crise déclenchée par le coronavirus va provoquer une crise économique et sociale d’une ampleur inédite. Le maintien et le renforcement de la cohésion sociale n’en seront que plus nécessaires, tout comme la mise en œuvre d’actions pour lutter contre le réchauffement climatique et atteindre la neutralité carbone au plus vite ! Je suis convaincue que le nouveau Conseil administratif saura relever ces défis avec efficacité et compétence. J’ai toute confiance en Frédérique Perler, Alfonso Gomez et le nouveau Conseil administratif élu pour le faire.

Avec mes meilleures salutations,

Esther Alder 

Quelques liens et chiffres:

  • RétrospectiveRétrospective 2015-2020 du Département de la cohésion sociale et de la solidarité (en vidéo par ici)
  • « Carnets de mairie 2015-2016 » (pdf de 28 pages)
  • Environ 80 textes sur le blog de la Tribune de Genève
  • Une vingtaine de billets par an dans l’HebdomaVert

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