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jeudi, 12 mars 2020 16:43

Stratégie de politique extérieure 2020 – 2023

Intervention du Conseiller national Nicolas Walder au Conseil national le 12 mars 2020. 

Madame la présidente, Monsieur le Conseiller fédéral, chères et chers collègues.

En cette période d’urgence climatique et humanitaire, guider l’action de la Suisse à l’étranger est d’une importance cruciale. J’aimerais donc ici attirer votre attention sur la responsabilité qu’a notre pays de se doter d’une politique extérieure cohérente et surtout courageuse.

Je tiens en préambule à saluer la qualité des documents fournis qui reflètent bien les enjeux et l’orientation que le Conseil fédéral entend donner à la politique extérieure de la Suisse. Je tiens à saluer tout particulièrement la volonté affichée de renforcer la cohérence et les liens entre politiques intérieures et politique étrangère.

Les Verts aiment aussi à relever la place centrale de la Genève Internationale, du multilatéralisme et de la coopération internationale dans cette stratégie dont l’accord cadre avec l’Union Européenne est la pierre angulaire. J’ose espérer que nos concitoyennes et concitoyens partageront cette approche en refusant la dangereuse initiative isolationniste de l’UDC qui leur sera soumise le 17 mai prochain en votation populaire.

La stratégie de politique extérieure 2020–2023 propose ainsi un certain nombre d’axes prioritaires que sont la paix et la sécurité, la prospérité, la durabilité et la numérisation.Ces directions thématiques, de portées extrêmement générales rendent difficile toute anticipation quant aux actions concrètes qui seront entreprises par le Conseil fédéral.

Nous espérons donc que cette législature mettra en pratique cette stratégie de manière audacieuse, cohérente et responsable.

Les Verts que je représente aujourd’hui ne peuvent que saluer l’inscription du « principe de durabilité » à cette stratégie de politique extérieure. Ainsi, la volonté exprimée d’établir des normes ambitieuses en ce qui concerne les produits chimiques de même que l’extraction et le commerce des matières premières est une bonne chose.

Quant au réchauffement climatique, nous ne pourrons pas nous contenter d’une politique extérieure « frileuse ». La Suisse doit faire figure de pionnière en matière de lutte contre les émissions de gaz à effets de serre.

Dans cette perspective, il est légitime de s’interroger sur la manière dont le Conseil fédéral entend concilier l’augmentation des échanges internationaux inhérents à la signature d’Accords de Libre Echange avec la lutte contre le réchauffement climatique et la volonté affichée de respecter les accords de Paris.

Et ce, sachant qu’une des options très largement admise pour réduire notre empreinte carbone est de limiter la distance entre producteur et consommateur.

C’est pourquoi certains Accords de libre-échange, tel celui négocié avec les pays du Mercosur, ne seront en l’état pas soutenus par les Verts.

Concernant la numérisation, il est regrettable que cette stratégie de politique extérieure n’aborde pas l’impact écologique et humain du développement du numérique.

La présence croissante des technologies de l’information et de la communication à tous les niveaux de la société soulève des questions en termes d’utilisation des ressources qui méritent d’être adressées. L’opportunité que représente la transformation numérique pour favoriser tant la prospérité que le développement durable est ainsi à relativiser.

Concernant les migrations, vous citez les accords avec nos partenaires européens et vous évoquez l’importance de travailler sur les causes de la migration irrégulière.

Malheureusement, la réduction de ces facteurs négatifs, comme ceux non-évoqués liés aux activités de certains acteurs économiques, prendra encore du temps avant de produire ses effets.

Et pour autant bien sûr que le conseil fédéral daigne leur imposer un cadre contraignant à l’instar de ce que demande l’initiative pour des multinationales responsables.

Mais quoi qu’il en soit, durant les 4 prochaines années, on peut s’attendre à ce que les tentatives souvent désespérées de migrants de rejoindre l’Europe se poursuivent.

Nous considérons donc que la Suisse, de par ses valeurs et sa tradition humanitaire, doit s’engager à participer aux efforts de secours en Méditerranée et, plus largement, dans la refonte du système Dublin.

Les Verts attendent aussi du DFAE qu’il s’engage, partout dans le monde, à lutter contre toutes les discriminations dont sont victimes les membres de la communauté LGBTIQ. Et qu’il soutienne de manière accrue toutes les initiatives privées et publiques visant à favoriser l’égalité des genres, à protéger les femmes et à promouvoir leur place dans les sphères économiques ou politiques.

En résumé, les thématiques, certes centrales mais éminemment générales qui composent ce document de stratégie rendent difficile toute anticipation quant aux modalités de leur mise en place.

D’autant plus que certains éléments, tel que le commerce des armes, sont totalement absent de ce rapport alors qu’ils constituent des thématiques qui mériteraient largement d’être adressées, au moins dans le chapitre paix et sécurité.

Les Verts seront donc très vigilants durant toute cette législature afin que ces lignes directrices se traduisent par une politique audacieuse, vectrice de changements et d’améliorations pour les droits humains, l’environnement et, au final, pour notre qualité de vie à toutes et tous.

Merci de votre attention.

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Écologiquement cohérents, socialement engagés, globalement solidaires.

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